La conquête du pouvoir par César

Cafés Thema > Cafés Histoire > La conquête du pouvoir par César
Intervenant

Yann LE BOHEC, professeur des universités en Histoire romaine, est spécialiste de l’Afrique romaine, de la Gaule romaine et de l’armée romaine.

« Comme questeur, César obtint l’Espagne ultérieure. Là, alors qu’il parcourait les lieux d’assises, avec mandat du préteur, pour y rendre la justice, et qu’il était venu à Gadès, lorsqu’il aperçut dans le temple d’Hercule une statue d’Alexandre le Grand, il se mit à gémir, et comme s’il avait honte de son inaction, pour n’avoir encore rien fait de mémorable à l’âge où Alexandre avait déjà soumis l’univers, il demanda aussitôt l’autorisation de rentrer à Rome pour tenter de saisir au plus tôt en ville les occasions d’accomplir de grandes choses. »
Suétone, Vies des 12 Césars.

RAPPELS :

Le parti politique de type moderne, avec sa structure hiérarchique, son appareil administratif et son programme politique défini, n’a pas existé à Rome. Ce qui unit un homme politique à ceux qui soutiennent sa candidature, c’est avant tout un ensemble de liens assez complexes reposant sur la notion de fides, qui implique confiance, loyauté, respect de la parole donnée, protection, assistance et comporte toutes sortes de devoirs mutuels. (…) Toutefois, il y a eu des groupes ou des tendances politiques. Pour les désigner, la langue latine dispose essentiellement de deux termes.

  • D’une part, factio : ce mot a plutôt un sens familial, de portée limitée ; il désigne tous ceux qui sont unis par des liens de parenté ou de clientèle à celui qui est considéré comme leur chef et vise à la défense d’intérêts personnels ;
  • d’autre part, partes : ce mot suppose généralement des groupements plus vastes que les « factions », et dont les membres sont liés par des intérêts politiques. (…) Ce terme peut désigner des formations assez vastes : le « parti » de Marius, de Pompée, de César (…) Ces différents partis ou groupes s’appuient sur tel ou tel ordre, sur telle ou telle classe (noblesse, ordre équestre, plèbe). Mail il n ‘y a pas coïncidence exacte entre un ordre et un « parti ».

Les élections à Rome : pendant toute la République, les élections tiennent une grande place dans la vie politique des citoyens, soit qu’ils se présentent, soit qu’ils soutiennent leurs candidats : on sait, du reste, que les Romains ne concevaient guère de carrière brillante en dehors de la politique. Tout candidat à une magistrature posait sa candidature en faisant une déclaration publique (professio) au forum. Durant la période de campagne officielle, le candidat revêtait une toge blanche (toga candida, d’où son nom de candidatus, candidat) et tentait de persuader lui-même, et par l’entremise de ses clients, les citoyens de voter pour lui : les discours électoraux pouvaient s’accompagner de cadeaux, distributions d’argent, banquets ; toutefois, des lois réprimaient la brigue et la corruption. La force, parfois, n’était pas négligée, et, à la fin de la République surtout, les campagnes électorales étaient souvent agitées.

(Définitions extraites du Dictionnaire de la civilisation romaine, de J.-Cl Fredouille, Larousse, 1999)