[PARIS] Les gauches en France. Histoire et identités

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Eddy FOUGIER - Les gauches en France. Histoire et identités - Cafés Histoire

[PARIS] Les gauches en France. Histoire et identités

À l’occasion des élections présidentielles, un point historique sur les gauches en France semble s’imposer…

Quand l’Histoire permet d’éclairer l’actualité…

Tentatives de définitions

- La Gauche selon André Siegfried en 1913. Une définition fondée sur l’héritage de la Révolution : la gauche “restitue à chaque citoyen sa part de souveraineté, affirme ses droits plus que ses devoirs, dresse les anciens subordonnés contre leurs anciens maîtres et par là renie la vieille et traditionnelle notion de hiérarchie sociale et religieuse”. (André Siegfried, Tableau politique de la France de l’Ouest. Présenté par Pierre Milza, Éditions Imprimerie Nationale, Coll. Acteurs de l’Histoire, 1995, 641 p.).

- La Gauche selon François-Georges Dreyfus en 1975. “Parler des gauches est à la fois très ambitieux et peut-être dépassé. Dans la France d’aujourd’hui qu’est-ce que la gauche ? Est-ce les communistes du P.C.F., les communistes léninistes, les situationnistes, le P.S.U., le parti socialiste, le parti radical, les militants chrétiens ? Ne parle-t-on pas de gaullistes de gauche ? Au XIXe siècle, être de gauche signifiait être républicain et anticlérical ; puis cette gauche laïque et républicaine s’adjoignit une gauche socialiste. En 1936 encore, le Front populaire regroupait uniquement communistes, socialistes et radicaux-socialistes qu’unissait un même désir de « pain, de paix et de liberté ». C’était beau, c’était grand, ce n’était peut-être pas très sincère puisque trois ans plus tard les deux tiers des députés qui constituaient alors la majorité de gauche votèrent les pleins pouvoirs au maréchal Pétain et adorèrent ce qu’ils venaient de brûler. (…) Il serait facile de retrouver dans les discours dominicaux toute une série de thèmes aisément attribuables à la gauche : la liberté contre la tyrannie, le peuple contre les ministres qui l’exploitent ou qui l’aliènent, le progrès contre la réaction politique et sociale, les lumières contre l’obscurantisme. Seulement l’analyse linguistique ne serait sans doute pas très révélatrice, car le langage politique de la droite libérale (…) est souvent très proche du langage de la gauche parlementaire. Qu’est-ce alors que la gauche ? Peut-être pourrait-on en trouver la définition dans un texte d’Henri Hatzfeld publié en novembre 1965 dans le Journal intérieur des groupes Esprit : « Être de gauche c’est penser que l’homme peut progresser bien au-delà du point où il se trouve et que ce progrès dépend d’abord des structures politiques et des conditions sociales et économiques dans lesquelles il vit. Être de gauche c’est penser qu’il y a en France des millions d’hommes qui valent mieux que le sort qui leur est fait, que nos enfants valent mieux que l’éducation que nous leur donnons. C’est penser que nos sociétés se caractérisent toujours par un grand gaspillage d’hommes et par de grands sacrifices humains. C’est penser que les indices de production ne doivent pas faire oublier la qualité humaine des rapports sociaux, c’est penser que l’inégalité du développement humain à l’échelon de la planète ne saurait trouver de remède dans un monde animé par les grandes puissances”. (F-G Dreyfus, Histoire des gauches en France : 1940-1974, Grasset, 1975, 378 p.)

- Une définition datant de 1998. “Depuis la Révolution, la gauche désigne (1791) les membres d’une assemblée politique siégeant à la gauche du président et professant des idées progressistes (…). En effet, en 1789 les royalistes de placèrent à droite du président et les partisans de la Révolution s’installèrent à sa gauche ; cette disposition a été maintenue (d’où les locutions à gauche, de gauche), mais ce sens politique n’est plus senti comme lié à la répartition dans l’espace”. (Alain Rey (Dir.), Dictionnaire historique de la langue française, Éditions Le Robert, 1998 vol. 2 [Article “Gauche” p. 1561])

Les gauches en France. Histoire et identités

L’intervenant

Eddy FOUGIER - Les gauches en France. Histoire et identités - Cafés HistoireEddy FOUGIER est politologue. Il est notamment le co-auteur de Élysée 2007. Les questions-clefs des Français (Lignes de repères, 2007) et auteur du Dictionnaire analytique de l’altermondialisme (Ellipses, 2006). Il a publié récemment plusieurs contributions dans deux ouvrages collectifs, L’Extrême gauche, moribonde ou renaissante ? (sous la direction de Dominique Reynié, PUF, 2007) et L’Encyclopédie de la culture politique contemporaine (Volume 1. Mutations et évolutions, sous la direction d’Alain Renaut, Hermann, 2008).

 


Les gauches en France. Histoire et identités,
un Café Histoire organisé par l’association Thucydide

L'historien face aux animaux - Cafés Histoire - Association Thucydide Cafés Théma

Date

25 avril 2007

Heure

19 h 30 - 21 h 00
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